Pour une relecture des tendances migratoires entre villes et campagnes : une étude comparée Burkina Faso – Côte d'Ivoire

Cris BEAUCHEMIN

Abstract


Bien que peu urbanisée au regard des autres régions du monde, l'Afrique a enregistré à partir des années 1950 des taux de croissance urbaine laissant penser qu'elle allait rattraper son "retard" en matière d'urbanisation. Mais les dynamiques de peuplement ont évolué : depuis le milieu des années 1980, les rythmes d’urbanisation ont singulièrement ralenti en Afrique de l’ouest [1]. L'objectif de la présente contribution est de montrer que le ralentissement des  rythmes d'accroissement urbain, au Burkina Faso comme en Côte d'Ivoire, est lié à  l'apparition de nouvelles tendances migratoires entre villes et campagnes. Ainsi en Côte d’Ivoire, les recensements généraux de la population et de l’habitat (RGPH, 1988 et 1998) et l’enquête ivoirienne sur les migrations et l’urbanisation (EIMU, 1993) ont révélé que les villes perdaient de la population au profit des campagnes. Depuis le milieu des années 1980, le milieu rural a enregistré un solde migratoire positif tandis que celui des villes était negative [2]. Au Burkina Faso, une telle inversion des flux villes-campagnes ne s'est pas produite, mais les résultats préliminaires de l'EMIUB (Enquête nationale "Dynamique migratoire, insertion urbaine et environnement", 2000) semblent indiquer que l'exode rural fléchit tandis que l'émigration urbaine prendrait de l'importance. Autant de résultats qui remettent en question le schéma classique de l’exode rural. Dans une perspective comparatiste (Burkina Faso – Côte d'Ivoire), la première partie de cette communication proposera une analyse rétrospective des migrations entre milieux urbain et rural. Exploitant les biographies migratoires de l'EIMU (en Côte d'Ivoire) et de l'EMIUB, on proposera une reconstruction historique de l'évolution de chacun des flux. On montrera ainsi que l'émigration urbaine est un flux ancien même s'il est passé largement inaperçu jusqu'à présent. La deuxième partie de la communication abordera les enjeux théoriques et politiques que soulève l'émergence de l'émigration urbaine. On s'interrogera, d'une part, sur la validité des modèles transitionnels (transition urbaine, transition de la mobilité) auxquels l'émergence de l'émigration semble apporter la contradiction. Il sera question, d'autre part, de la crise ivoirienne et des liens que celle-ci entretient avec l'émergence d'une "classe" d'émigrants urbains en mal d'insertion aussi bien en ville que dans les villages. 


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DOI: https://doi.org/10.11564/20-1-391

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ISSN 2308-7854 (online); ISSN 0850-5780 (print)

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