Femmes et migration en Côte d’Ivoire : le mythe de l’autonomie

  • Elise Fiédin COMOE Université de Montréal

Abstract

En Côte d’ivoire, comme dans d’autres pays africains les migrations traditionnellement dominéespar les hommes se féminisent progressivement. Les résultats de l’Enquête Ivoirienne sur les Migrations et l’Urbanisation (1993) indiquent clairement que les femmes migrent presque autant sinon plus que les hommes, notamment  en ce qui concerne les migrations urbaines.  Parallèlement à cette forte migration féminine, se déroulent d’autres processus dont celui de l’autonomisation des femmes migrantes très longtemps négligées et considérées comme des « migrantes passives ». Des études récentes montrent que les femmes sont de plus en plus autonomes dans leur migration par rapport à la famille, d’autres insistent sur le rôle déterminant des rapports de genre qui obligent les femmes à migrer en association avec un autre membre de sa famille. Dans ce contexte, comment interpréter l’importante migration féminine actuelle ? Est-elle le signe d’une plus grande autonomie ou  alors la conséquence de l’affaiblissement du contrôle familial et social ? S’agit-il d’une évolution des migrations en général ou tout simplement une mutation de la situation et des aspirations personnelles des femmes ? Quels liens peut-on établir entre ces migrations et les relations de genre ? Cet article réexamine la question de l’autonomie des femmes dans la migration. L’analyse est axée sur la prise de décision et le motif de la migration et utilize les données de l’Enquête Ivoirienne sur les Migrations et l’Urbanisation (EIMU). Elle montre que pour les femmes, la famille et les rôles sexuels restent déterminants dans la capacité à prendre une décision individuelle ou pour faire une migration économique indépendante. L’autonomie desfemmes dans la migration est par conséquent très limitée et reste un mythe. 

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Published
2013-11-01
Section
Articles